Voilà, c’est donc la fin de l’aventure, mais quelle belle aventure !

Chers MCIstes, Chers amis,

Quand les choses nous tiennent à cœur,  il est parfois plus facile de les écrire que de les dire.  Il nous faut  aujourd’hui être réalistes. S’il est parfois démotivant d’organiser une manche avec peu de cavaliers, il est impossible de l’organiser sans installations.  Et avec si peu de départs, il n’y a pas eu une seule manche cette année, pas une seule, où nous n’ayons pas du négocier avec les propriétaires des lieux pour ne pas que la manche soit annulée. La plupart des centres équestres se ferment depuis des années aux concours de dressage.  Si les MCIB faisaient un peu figure d’exception jusqu’ici, la trop faible participation des deux dernières saisons nous ferme les portes... Regardons la situation en face : les MCIB se désagrègent depuis 3 saisons et, s’il est des montagnes que l’on déplace à 35 ans, il est des priorités qui se redéfinissent à 45… Voilà, c’est donc la fin de l’aventure, mais quelle belle aventure !

Sept années se sont écoulées depuis la première organisation des Masters du Cheval Ibérique en Belgique.  Parti de la conviction que les chevaux ibériques, espagnols et portugais, méritaient plus d’attention, d’exploitation et de mise en évidence de leurs qualités fonctionnelles mentales et physiques, nous nous sommes mobilisés sans compter pour transformer cette conviction en faits, guidés au jour le jour par des objectifs de rigueur, de convivialité et d’évolution. On se rappelle de certaines heures très matinales où nous montions encore les pistes avec Gwen et Michel avant l’arrivée des premiers candidats,  d’autres où nous peaufinions une musique de RLM jusqu’à 4 heures du matin avant de s’octroyer 2 heures de sommeil, d’autres enfin où le soleil se levait alors que nous terminions de vérifier les derniers paiements enregistrés, … en route pour le concours, un petit café, et c’est parti pour 16 à 18h non stop, et dans la bonne humeur svp.

Les trois premières années ont été magnifiques mais avec le succès grandissant des MCI, nous ne pouvions manquer de nous heurter à des problèmes belgo-politoco-sportivo adminsitratifs avec les instances dites officielles.  S’en sont suivies deux années de négociations particulièrement pénibles pendant lesquelles nous avons œuvré, dans l’ombre et la discrétion, à défendre l’intérêt de nos cavaliers dans ce finalement petit monde belge du cheval.   A priori en position de faiblesse, nous avons néanmoins pu faire se dégager des solutions justes et justifiées, tant notre détermination et la croyance en ce que nous estimons juste étaient forte.  Le prix à payer pour simplement continuer à exister en gardant accès aux juges officiels : une augmentation des coûts fixes pour chacun et probablement la raison des premières défections de cavaliers …  Vient ensuite ce qui aura sans doute été notre plus grande erreur : réserver les reprises Primera et Novilla aux jeunes chevaux exclusivement, avec participation hors concours des chevaux plus âgés en échappatoire.  Les éleveurs nous justifiaient en effet la non participation de leurs jeunes chevaux face à une concurrence « déloyale » de chevaux bien plus âgés … Décision fut donc prise de leur réserver ces deux reprises dans l’objectif d’assurer l’avenir des MCIB au départ de la jeune génération. Non seulement la toute grande majorité des éleveurs ne nous ont finalement pas suivi, mais ce faisant nous nous sommes coupés aussi des cavaliers moins expérimentés qui ne trouvaient plus de porte d’entrée de difficulté adéquate pour rejoindre les MCI.  Nous avons donc assisté à l’ascension des cavaliers réguliers dans les niveaux supérieurs, malheureusement sans développement de la relève dans les premiers inférieurs …  L’objectif était clair, les risques connus.  Mais sans doute avons-nous parié sur le « mauvais cheval » … Mea culpa.  Peut-être aussi faut-il avoir la clairvoyance de reconnaître que face à la difficulté, la rigueur et le travail soutenu qu’exige la discipline de dressage, certains se sont sans doute découragés et ont préférés se tourner vers des activités équestres moins exigeantes et plus gratifiantes.  Cela est tout à fait compréhensible et respectable.

Ceci étant qu’elle belle aventure humaine ! Que de beaux moments ! Que de gens sympathiques et intéressants rencontrés ! Que d’expériences échangées ! Il y a 7 ans de cela, nous clôturions la soirée de lancement des MCIB par ces mots : « Vous pouvez compter sur notre dévouement pour lancer cette aventure. Mais les MCIB seront ce que vous, cavaliers et accompagnateurs, vous en ferez».  Justement, vous les cavaliers, vous pouvez être fiers du chemin parcouru.  C’est d’abord à vous, sans qui l’organisation des MCIB n’aurait simplement pas été possible, que nous voudrions adresser nos remerciements.  Ce sont vos efforts et votre implication constante qui ont rendu tout cela possible.

Madame Gillion, Clo pour les intimes, nous a fait confiance dès les premiers jours  et nous a toujours soutenu ensuite. Elle a toujours répondu présente aux moindres sollicitations et nous a permis de célébrer les meilleurs montures et cavaliers lors des soirées Gala organisées en l’honneur de son cheval Chivas. Nous n’aurons pas ici l’indélicatesse de rappeler les sommes libérées chaque année, mais tout un chacun sachant multiplié par 7 pourra sans difficulté se remémorer à sa juste valeur l’aide apportée par Clo depuis les débuts des MCIB…  Un tout tout grand merci ! La collaboration avec les deux associations belges d’élevage fut également très positive.    Nous remercions la FNBPRE et l’ABEL pour leurs soutiens financiers réguliers, et notamment leurs Présidents respectifs actuels Messieurs Marc Lejeune et Guy Vandervliet.

Il y aurait beaucoup de personnes à saluer pour leur aide bénévole à l’organisation des MCIB au cours de ces 7 années, les deux dernières en particulier. Pour éviter d’en oublier une, nous nous abstiendrons de les lister ici bien que nos remerciements les plus sincères leurs soient adressés.  Ils se reconnaîtront.  Néanmoins, il est deux piliers de l’organisation qui ont œuvré à nos côtés, du premier au dernier jours, y compris alors qu’ils traversaient une  épreuve personnelle difficile. Un tout grand merci donc à Gwen Weynans et Michel Lenaerts pour leur aide, leur efficacité et leur bonne humeur constantes !  Enfin, dans la famille Van Oekel, sont nommés : Daphné, Mathieu et Peter.  Ils ont brillés sur 7 ans de MCI.  Des jeunes chevaux à la Magistrale, en passant par les RLM. A cheval et en famille ! Quel bel exemple !  Comment aussi ne pas se rappeler les finales européennes en Avignon ?  Rappelez-vous les bons moments passés dans la « sellerie-bar des belges ». Cette entente vraie et sincère entre participants. Et notre Palmyre, Palmyre Endenburg, présente dès le petit matin pour aider tout un chacun dans les écuries où recouvrir de son manteau un cheval qu’elle voit avoir froid. Faut-il rappeler aussi son soutient financier régulier aux MCIB ? Et les soupers de clôture du dimanche soir … Quelle ambiance !  Quel esprit d’équipe ! Et notre Joelle Swaeles nationale et son mari Pierre qui  ont participé à toutes les finales européennes en Avignon depuis le début des MCIB.  Plus que participer, Joëlle nous est tous les ans revenues avec au moins un trophée européen !  Encore cette année, elle est revenue avec une médaille de bronze en RLM et une quatrième place à 0.52 % de la lauréate en Magistrale. Et tout cela sur un genoux svp ! Une belle réussite, une belle organisation que nous devons à Philipe Roch, Président des MCI France, chapeautant aussi d’une main de maître l’organisation des finales européennes annuelles.  En créant les MCI il y a 12 ans de cela, il est de facto à la source de cette belle aventure en Belgique.  Nous l’en remercions. 

En vous partageant ces lignes, nous éprouvons forcément une certaine nostalgie.  En même temps, et au risque de manquer de modestie, nous avons le sentiment que les MCIB auront peut-être un peu contribué à l’évolution des chevaux ibériques et leur perception en Belgique, fût-ce dans l’inconscient collectif. En sept ans, nous avons personnellement appris énormément de choses.  Nous ne regardons plus nos chevaux de la même façon. Nous ne les entrainons plus de la même façon. Nous ne les sélectionnons plus de la même façon.  Et nous avons la faiblesse de croire que sans doute en est-il de même pour d’autres, cavaliers, éleveurs, entraîneurs et juges.  Ce faisant, peut-être avons-nous contribuer à plus de bien être, de considération et de juste valorisation de ces splendides chevaux de race PRE et PSL.  Certains, trop rares  d’ailleurs, ont depuis décidé d’aligner leurs chevaux en officiels, répondant ainsi à un des objectifs fondamentaux des MCIB : la promotion des chevaux ibériques fonctionnels en concours de dressage, fussent-ils hors MCIB.

Passionnés convaincus, il nous a forcément été difficile de tourner la page...  Voilà, c’est aujourd’hui chose faite. 
Gardez vos convictions ! Elles sont le vrai moteur de l’humanité et se nourrissent d’énergie immatérielle.
Merci à tous, pour tout. Rendez-vous en 2012 sur les reprises des circuits officiels !

Nathou et Eric,
G.O. MCIB saisons 2005-2011

> retour